Bonjour,
Vous êtes dans une situation un peu « entre deux cases » : vous vivez en concubinage avec un réfugié, vous avez deux enfants communs en France, mais vous n'êtes ni mariée ni venue par visa de réunification familiale. Cela explique en partie la réponse standard de la préfecture.
D'abord, sur la demande comme « conjointe de réfugié ». Le régime de la **réunification familiale des réfugiés** vise en priorité les membres de la famille qui sont encore à l'étranger et doivent obtenir un visa pour venir en France (conjoint, concubin, enfants mineurs, dans certaines conditions). Dans votre cas, vous êtes déjà en France, sans visa, et vous demandez un titre sur place. La préfecture vous réclame donc la liste type (décision OFPRA, acte de naissance OFPRA, certificat de mariage, visa, etc.), mais deux éléments manquent et manqueront forcément : le certificat de mariage (puisque vous n'êtes pas mariés) et le visa long séjour (puisque vous êtes entrée sans visa). Il est important de répondre clairement, par écrit, que ces deux pièces **n'existent pas** et d'expliquer pourquoi : vous vivez en concubinage, jamais mariés, et vous êtes déjà présente en France au moment où votre compagnon a obtenu le statut de réfugié. Joignez en parallèle toutes les preuves de concubinage stable et ancien (baux, factures à deux noms, attestations, extrait du dossier OFPRA où votre concubinage est mentionné).
Ensuite, il est très probable que le bon fondement juridique pour votre demande ne soit pas « conjointe » au sens strict, mais plutôt la **carte de séjour "vie privée et familiale" au titre des liens personnels et familiaux en France**. L'administration doit tenir compte de votre vie familiale en France : concubinage stable avec un réfugié, deux enfants communs nés en France, communauté de vie, et l'essentiel de vos attaches désormais ici. Dans votre réponse à la préfecture, vous pouvez donc, tout en fournissant les pièces demandées que vous avez (décision OFPRA, acte OFPRA, passeport, acte de naissance), ajouter une lettre expliquant que :
– vous ne pouvez pas produire de certificat de mariage ni de visa, pour les raisons ci‑dessus ;
– vous demandez, à titre principal ou subsidiaire, un titre de séjour « vie privée et familiale » sur le fondement de vos liens personnels et familiaux en France avec votre compagnon réfugié et vos deux enfants nés en France, en joignant toutes les preuves (actes de naissance des enfants, documents de domicile commun, attestations, etc.).
Enfin, il est théoriquement possible que l'OFPRA reconnaisse aussi, au titre de l'unité de famille, votre qualité de concubine et celle des enfants, ce qui peut faciliter la délivrance d'un titre de 10 ans par la préfecture. Mais cette démarche se prépare avec un avocat ou une association, en fonction de ce qui figure déjà dans le dossier OFPRA (concubinage mentionné ou non, ancienneté de la vie commune, etc.).
Cordialement,
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Farouk Er-razki
Avocat au barreau de Paris
il y a 9 heures
Merci pour votre réponse,
Une autre précision, notre premier enfant est reconnu refugie aussi c'est marqué sur la décision de l'ofpra donné à son père. Donc je peux aussi expliquer à la préfecture ce cas puisque je suis la mère de cet enfant réfugié
il y a 8 heures
Oui, le statut de réfugié de votre enfant est un argument majeur.
Vous pouvez invoquer le respect de la vie privée et familiale, protégé par la Convention européenne des droits de l'homme, en soulignant l'impossibilité de séparer l'enfant de sa mère.
Joignez impérativement la décision de l'OFPRA et son titre de séjour à votre dossier d'admission exceptionnelle au séjour.
Cela prouve que votre ancrage familial en France est légitime et protégé par le droit international, ce qui renforce considérablement votre demande de régularisation auprès de la préfecture.
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il y a 8 heures
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